Rentrée 2025 : entre retards et ouverture progressive, la CTG veut rassurer

Quatre nouveaux établissements, mais des calendriers différents
Cette rentrée 2025 devrait marquer une étape importante avec l’ouverture de quatre nouveaux établissements : trois lycées polyvalents et un collège. Si la livraison complète n’est pas encore effective partout, la CTG se félicite d’avoir accéléré les travaux pour accueillir les premiers élèves dès septembre.
Maripasoula – Lycée polyvalent : ouverture confirmée le 1er septembre. Capacité finale de 825 élèves, mais seulement 165 lycéens attendus pour cette rentrée (secondes, bac pro, CAP). « On va livrer l’établissement en grande partie. Il resterait deux bâtiments d’ateliers qui devraient ouvrir dans les prochains mois », précise Smail Yahia, directeur général adjoint infrastructures et bâtiments de la CTG.
Macouria – Lycée polyvalent : rentrée décalée au 8 septembre, sous réserve de validation par la commission de sécurité prévue le 3 septembre. Environ 220 élèves sont concernés.
Rémire-Montjoly – Collège de l’Écoquartier : ouverture reportée. La partie basse (bureaux, salles banalisées, restauration) sera livrée en novembre 2025, la partie haute (équipements sportifs, dojo, salles) en janvier 2026. En attendant, 120 élèves de 6e seront accueillis provisoirement au lycée Damas voisin.
Saint-Laurent-du-Maroni – Lycée polyvalent : livraison complète attendue en janvier 2026, le gymnase étant prévu pour avril.
« Des turbulences à prévoir, mais rien d’anormal »
Face aux inquiétudes des familles, le président de la CTG se veut rassurant. « Les rentrées scolaires sont toujours des moments de turbulence. S’il y en a pour ces quatre établissements, cela ne m’étonnerait pas. Mais notre ambition est d’éviter que ces turbulences soient trop graves pour la scolarité des enfants », explique Gabriel Serville.
Selon lui, la CTG a fait « un véritable exploit » en livrant trois établissements sur quatre, alors que leur ouverture n’était initialement programmée qu’en 2026. « Nous travaillons en lien permanent avec le rectorat et les maires. Des solutions existent pour accueillir les élèves, même si certains seront temporairement redirigés vers d’autres établissements. »
Transport et hébergement : un dispositif renforcé
Au-delà des bâtiments, la CTG met aussi l’accent sur le transport et l’accompagnement social, notamment pour les élèves de l’intérieur. « Les élèves du Haut-Oyapock seront transportés par voie fluviale puis terrestre jusqu’à Saint-Georges, avant de rejoindre Cayenne si besoin », détaille la CTG.
Brigitte Couchy, directrice de l’Enfance et de la Famille, rappelle que le dispositif MIPAB (Mission interministérielle pour les populations amérindiennes et bushinengués) est pleinement mobilisé : « La liste des élèves est consolidée. Des affectations sont déjà faites dans des familles relais — nous en avons recensé une centaine. C’est suffisant pour cette rentrée, en complément des internats. »
Un accompagnement avec l’État et les associations
Un communiqué de la préfecture confirme la mise en place d’un dispositif d’accompagnement pour les collégiens et lycéens issus des communes de l’intérieur, en partenariat avec la CTG, la CAF, le grand conseil coutumier et trois associations locales (Akenaituna, DAAC, Effet Morpho).
Des guichets uniques seront ouverts début septembre à Rémire-Montjoly et Saint-Georges pour simplifier les démarches administratives (inscriptions, bourses, transports, fournitures) :
- les 2 et 4 septembre à Rémire-Montjoly, pour les lycéens du Haut Oyapock,
- les 9 et 10 septembre à Rémire-Montjoly, pour les élèves du Haut-Lawa,
- les 8 et 11 septembre à Saint-Georges, pour les collégiens du Haut Oyapock.
« Une rentrée sous de bons auspices »
Malgré les retards, la CTG estime avoir relevé un défi inédit. « Nous avons mis une grosse pression sur nos services pour accélérer la livraison. Accueillir dès cette année, même partiellement, est une réussite. Globalement, nous sommes dans le bon timing », conclut Gabriel Serville, qui promet une montée en puissance progressive des effectifs dans chaque établissement du secondaire.
Mais le vrai verdict tombera la semaine prochaine : tous les enseignants et élèves auront-ils bien reçu leurs affectations ? Et surtout, les perturbations — que la Collectivité s’efforce de minimiser — resteront-elles réellement sans conséquence sur le déroulement de la rentrée ? Des incertitudes que les syndicats d’enseignants ont déjà pointées.