themes/default/item_post.html.twig

Vote de confiance de Bayrou : les députés de Guyane annoncent leur ferme opposition

Sans surprise, les députés de la première circonscription, Jean-Victor Castor et Davy Rimane, ont annoncé qu’ils voteront contre la confiance au gouvernement lors du scrutin prévu le 8 septembre prochain à l’Assemblée nationale. Une position confirmée par leur groupe politique, Gauche Démocrate et Républicaine (GDR), dans un communiqué publié lundi 25 août 2025.

  • Par: adminradio
  • Date:

À la tête du gouvernement, François Bayrou a voulu incarner un compromis entre rigueur budgétaire et relance économique. Mais ses orientations sont sévèrement jugées par une partie de la gauche, la droite et par de nombreux élus ultramarins.

Sa politique, centrée sur la réduction des dépenses publiques et le durcissement de certaines réformes sociales, est accusée d’aggraver les inégalités. La mesure qui crispe les opposants et enflamme l'opinion publique reste la suppression de deux jours fériés. Le premier ministre obtient néanmoins le soutien du président de la République

Aux côtés de son collègue Davy Rimane, député de la deuxième circonscription, Jean-Victor Castor entend peser de tout son poids pour faire chuter le gouvernement dirigé par François Bayrou.

« En tout cas, il n’aura pas la confiance des deux députés de Guyane, Davy Rimane et moi-même, clairement. Ce gouvernement mérite d’être sanctionné »

Selon lui, la politique menée depuis 2017 est marquée par le mépris des réalités guyanaises, avec des promesses non tenues, notamment sur le foncier autochtone et les transferts de terres aux collectivités. Dans une longue déclaration, le député Castor a justifié son choix :

« Pourquoi je vais voter pour un gouvernement qui s'attaque aux personnes les plus démunies, aux classes moyennes, aux professions libérales déjà oppressées de toutes parts ? (...) Pour notre pays, la Guyane, on le voit bien : on nous empêche de valoriser nos ressources, de commercer avec nos voisins, on ne respecte pas les accords de 2017, on ne rétrocède pas le foncier comme il le faudrait. Non, il y a un problème. »

De son côté, Davy Rimane, président de la délégation aux Outre-mer de l’Assemblée nationale, estime que ce vote de confiance n’est qu’une formalité :

« Le Premier ministre met en place ce vote en sachant pertinemment qu’il ne l’aura pas. Il prépare sa sortie et nous allons simplement valider sa demande. »

L’évolution statutaire toujours au cœur du combat

Au-delà du vote de confiance, Jean-Victor Castor insiste : la Guyane doit arracher une autonomie très large : 

« Si on exige peu, on n’obtiendra rien. Si on tarde à obtenir l’autonomie, notre pays va s’enfoncer davantage dans le chaos. Nous devons avoir un pouvoir réglementaire et normatif, pour élaborer nos propres lois selon notre réalité. »

Pour le député, la posture doit être claire : revendiquer le maximum, sans compromis, dans les discussions avec l’État français. Jean-Victor Castor rappelle que les avancées majeures de ces dernières années n’ont été possibles que grâce à la mobilisation :

« L’université de la Guyane, la route Régina–Saint-Georges, l’Académie de la Guyane… tout cela a été obtenu par la lutte. Rien ne vient de l’État sans rapport de force. Si nous voulons accéder à nos ressources et construire nos infrastructures, il faudra l’arracher. »

Les deux députés envoient un signal clair à la population : l’avenir statutaire de la Guyane dépendra de l’unité et de la mobilisation citoyenne. Jean-Victor Castor appelle chacun à se préparer au combat politique : « Vous n’obtenez rien sans la société civile. Si nous voulons changer les choses, il faudra que le peuple de Guyane se lève, mais aussi que la mobilisation soit nationale. C’est en unissant nos forces que nous arracherons les compétences et la dignité que mérite notre territoire. »

Mobilisation citoyenne et syndicale annoncée au niveau national

Si le vote de confiance du 8 septembre sera un moment clé à l’Assemblée nationale, les regards se tourneront aussi vers les prochaines mobilisations.

Une première mobilisation citoyenne est lancée sur les réseaux sociaux pour le 10 septembre, au lendemain du vote. Objectif : maintenir la pression et transformer le rejet du gouvernement Bayrou en force populaire visible dans les rues.

Dans la foulée, les organisations syndicales nationales appellent à une journée d’action le 18 septembre, avec des rassemblements, des manifestations et possiblement des blocages d’axes stratégiques sur le territoire. 

Ces rendez-vous visent à inscrire la lutte dans la durée et à construire un rapport de force durable avec l’État français.

 À moins de deux semaines du vote de confiance du 8 septembre, François Bayrou a tendu la main, mercredi 27 août sur TF1, se disant prêt à « ouvrir toutes les négociations nécessaires » avec les oppositions sur le budget. Mais le Premier ministre pose une condition préalable : s’accorder sur « l’importance de l’effort » à fournir pour réduire la dette. « Le gouvernement engage sa responsabilité. S’il est suivi, les négociations auront lieu. S’il ne l’est pas, il tombera. Mais nous aurons dit aux Français, sans ambiguïté, que c’est la vie de la nation qui est en jeu », a-t-il martelé.