themes/default/item_post.html.twig

"La vie chère est un drame", déclare Manuel Valls en Martinique

Manuel Valls annonce un projet de loi contre la vie chère dans les Outre-mer. Après Saint-Barthélemy, Saint-Martin, la Guadeloupe, le ministre des Outre-mer termine sa tournée antillaise en Martinique. Devant un parterre d'élus et de socio-professionnels, mais en l'absence du RPPRAC, Manuel Valls a dévoilé son projet de loi pour faire baisser les prix dans les territoires ultramarins. C'est lors d'une séance plénière de l'Observatoire des prix, des marges et des revenus (OPMR) que le ministre a affirmé sa volonté de lutter contre un problème qui fragilise la cohésion sociale. Les précisions avec nos confrères de RCI Martinique.

  • Par: adminradio
  • Date:

"La vie chère est un drame", a déclaré Manuel Valls, évoquant un écart de prix avec l'Hexagone qui crée une fracture sociale et renforce le sentiment d'abandon des populations ultramarines, où les revenus sont souvent plus faibles. Il a rappelé que l'État avait déjà pris des mesures avec la TVA à taux zéro sur les produits de première nécessité en Martinique et en Guadeloupe et soutenu des initiatives parlementaires pour lutter contre ce fléau.

Un projet de loi avant les grandes vacances

Le ministre a annoncé un projet de loi avant les grandes vacances, visant à enclencher une transformation économique des Outre-mer et à renforcer la concurrence. Ce texte portera sur cinq axes principaux :

  • Concurrence : Encourager une plus grande diversité d’acteurs économiques pour éviter les monopoles et permettre une régulation plus juste des prix.
  • Transparence : Obliger les entreprises à plus de clarté sur leurs marges, notamment en imposant la transparence des marges arrière et en sanctionnant celles qui ne déposent pas leurs comptes.
  • Exigence : Renforcer les pouvoirs des OPMR, qui pourront saisir directement la Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes (DGCCRF).
  • Renaissance : Promouvoir la production locale et favoriser l’autonomie alimentaire, afin de réduire la dépendance aux importations et stimuler l'économie locale.
  • Bon sens : Encourager une meilleure intégration des économies ultramarines dans leur environnement régional, en limitant les importations depuis l’Hexagone et l’Europe.

© RCI Martinique 

Un soutien financier pour les entreprises impactées

En parallèle, Manuel Valls a annoncé une aide de 10 millions d’euros destinée aux acteurs économiques touchés par les récents mouvements sociaux, notamment les entreprises victimes des pillages et violences urbaines.

Une transformation en profondeur du modèle économique

Le ministre a insisté sur la nécessité de "rompre avec un modèle infantilisant, paternaliste et ubuesque", pour permettre aux Outre-mer de gagner en autonomie et en compétitivité. Il a également mis l’accent sur l’importance d’accompagner les petites structures afin qu’elles bénéficient, elles aussi, des subventions accordées aux grandes filières comme la banane et la canne.

Des réactions controversées sur ces annonces 

Pour Gabriel Jean-Marie, les annonces de Manuel Valls sont juste de l’ordre du discours et de position politique. Il dit rester méfiant vis-à-vis de la posture du ministre qui a « un passé ». 

“Nous ne nous faisons aucune illusion sur les déclarations de monsieur Valls aujourd’hui. D'ailleurs, le ministre s'est senti malalaise lors de mon intervention en me demandant de conclure”. 

Contrairement à Gabriel Jean-Marie, Stéphane Hayot, directeur général du groupe Bernard Hayot, semble en accord avec les annonces du ministre de l’Outre-mer.

“Qu’il demande à une autorité de la concurrence de venir faire une analyse précise me paraît être une excellente nouvelle. Il est important qu’il y ait de la confiance.”

 

Pour Serge Letchimy, le président de la Collectivité territoriale de Martinique, la vision du ministre semble se rapprocher des attentes locales :

"Il a eu le courage de dire qu’il faut cesser l’infantilisation et le mépri. Rétablir la confiance pour rétablir le sentiment fraternel. Au-delà de la vie chère, je suis très inquiet sur le narcotrafic. Nos ports et aéroports sont des passoires. Ça devient faramineux”. 

L'autre priorité de ce déplacement a été la lutte contre les narcotrafics "qui menace de déstabiliser la société antillaise" selon Manuel Valls. " C'est une priorité nationale", a-t-il affirmé.

Manuel Valls a également participé à une table ronde concernant la transformation économique de la Martinique.