Piste Apatou-Papaïchton : un projet controversé mais de plus en plus concret

Trois options à étudier
Marc Le Bouil, commandant supérieur des Forces armées de Guyane, a détaillé les trois tracés envisagés :
« Nous avons proposé trois types de tracés qui sont réalisables plus ou moins loin du fleuve ou près du fleuve. Près du fleuve, on est sur 270 km de tracé et plus on s’éloigne du fleuve, plus la distance finale diminue de 150 à 220 km. »
Chaque option présente des avantages et des contraintes techniques et environnementales. Le tracé le plus proche du fleuve Maroni, bien que plus long, favoriserait le bassin de vie des populations mais exigerait des infrastructures plus coûteuses : 120 à 180 ponts pour franchir les cours d’eau.
Représentation cartographique des trois tracés
Selon les estimations, les travaux pourraient durer entre 10 et 20 ans, selon qu’il soit possible d’ouvrir deux fronts de chantier ou non. Soit le lancement des travaux se fera aux extrémités depuis Apatou et Papaichton. Soit les travaux débuteront uniquement à Apatou.
Un projet "massif" ?
Antoine Poussier, préfet de Guyane, a rappelé l’importance de cette étape pour un projet d’une telle ampleur :
« Là, c’est un engagement du président de la République lors de son déplacement ici. Une promesse qui avait été faite, et donc une promesse qui est tenue aujourd'hui (...). Ce projet massif, long et cher doit faire l'objet d'un vrai consensus local avant de pouvoir être porté au niveau national. »
Le coût total de cette piste est estimé à 320 millions d’euros, étalés sur 16 ans : quatre années d’études préalables et douze années de travaux.
Une route goudronnée, l'objectif final pour les élus
Malgré les études et les annonces, les élus locaux maintiennent leur position en faveur d’une véritable route nationale goudronnée. Jules Deie, maire de Papaïchton, a exprimé cette volonté :
« Nous, en tant qu’élus (...), nous avons opté pour une route nationale numéro 4, qui longe le fleuve (...). Quand on parle de désenclavement, c’est donner les moyens pour faciliter la libre circulation de la population. »
Cette vision est confirmée par l’Association des maires de Guyane. Son président, Michel Ange Jérémie, rappelle que doit préfigurer une vrai route dans ce dossier d’aménagement :
« On ne peut pas concevoir de se contenter d’une piste améliorée. L’objectif final, c’est une route goudronnée. »
Quelle suite après cette étude de faisabilité ?
Zadkiel Saint-Orice, conseiller territorial chargé des infrastructures routières, plaide pour une concrétisation rapide et un calendrier clair :
« On souhaite un calendrier, que ce projet soit contractualisé. Cela permettra de s’assurer que ce projet de désenclavement soit bien lancé. »
Entre promesses, réalités budgétaires, crise politique nationale et attentes locales, cette étude n’est pour l’instant qu’une amorce du projet.