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Déplacement présidentiel : une visite de 24h axée sur la sécurité, le spatial, l’économie et le dialogue entre Emmanuel Macron et les élus

Le président de la République se rendra en Guyane du lundi 25 au 26 mars 2024. Il sera accompagné de Gérald Darmanin, le ministre de l’Intérieur et des Outre-mer ainsi que de Marie Guévenoux, la ministre déléguée chargée des Outre-mer.  Le programme d’Emmanuel Macron a été présenté par l’Elysée ce mardi 19 mars 2024. Un déplacement au pas de course puisque le chef de l’Etat se rendra à Cayenne, Matoury, Camopi et Kourou en un peu plus de 24h avant de se rendre au Brésil.

  • Par: adminradio
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Lors d’une conférence de presse ce mardi 19 mars, l’Elysée a apporté des précisions sur le déplacement d’Emmanuel Macron en Guyane qui ne s’était pas rendu en Amazonie française en tant que président de la République depuis 2017 quelques mois après sa première élection et les mouvements sociaux de mars-avril 2017. 

Un calendrier qui n’a pas été choisi par hasard 

7 ans après, ce 2ème déplacement correspond à plusieurs dates-clés en Guyane. "Un déplacement qui correspond à plusieurs dates importantes", selon l'Elysée. En effet, en mars 1964, le général Charles de Gaulle prononçait un discours devant la préfecture de Cayenne dans lequel il annonçait, entre autres, l’implantation du Centre spatial guyanais à Kourou.

D’autre part, le 25 mars 2023, le maréchal des logis-chef Arnaud Blanc, âgé de 35 ans et affecté à l'antenne GIGN de Cayenne, perdait la vie lors d’une opération de lutte contre l’orpaillage illégal à Maripasoula. Un hommage républicain lui sera consacré ce lundi 25 mars sur la Place des Palmistes aux pieds de la statue de Félix Eboué en présence de son épouse veuve et des Forces armées de Guyane.

Et enfin, les mouvements sociaux qui avaient paralysé le territoire du 20 mars au 21 avril 2017 sous la présidence de François Hollande et du gouvernement de Bernard Cazeneuve. 

Economie : le poids des normes, simplification administrative 

Le président se dit “attentif” aux difficultés des socio-professionnels concernant “la mise sous cloche”, les lourdeurs administratives auxquelles ils sont confrontés. “Il y a un équilibre à trouver entre simplification adaptation normes mais avec des règles tout de même pour préserver l’Etat de droit et un certain nombre de protection”. Emmanuel Macron se rendra d’ailleurs lundi matin au marché au poisson de Cayenne pour "s’entretenir avec les acteurs de la pêche", puis dans une exploitation agricole à Matoury où il devrait réaffirmer les mesures annoncées par le Premier ministre le mois dernier concernant la souveraineté alimentaire et le monde agricole. 

Politique : maintenir le dialogue avec les élus locaux 

Il s'agit de “poursuivre les échanges en confiance avec les élus de Guyane comme avec les autres élus d’Outre-mer”, indique l’Elysée. On le rappelle, suite à l’Appel de Fort-de-France lancé par les présidents de Région, les élus ultramarins avaient été reçus à l’Elysée en septembre 2022 puis en 2023 où Emmanuel Macron avait décidé, à l'issue d'un déjeuner avec les élus ultramarins, de lancer une "mission d'experts” qui devra proposer en 2024 d'éventuelles évolutions constitutionnelles pour les territoires d'Outre-mer.

Une évolution statutaire particulièrement attendue par les élus Guyanais qui souhaitent obtenir d’Emmanuel Macron un “positionnement clair sur l’évolution statutaire de la Guyane”. Les parlementaires ont souhaité que le président de la CTG, Gabriel Serville organise une rencontre avec le chef de l’Etat lors d’un Congrès de Elus. Un format qui ne sera pas retenu par Emmanuel Macron précise l'Elysée : 

En se rendant en Guyane, les échanges politiques sur des évolutions demandées par certains élus seront au programme”.

Un temps d’échange avec les élus est annoncé pour lundi soir avec le président de la CTG, parlementaires et maires. "Les questions de désenclavement ou sur la santé pourront être abordées". Le président de la République échangera avec Dimitri Grygowski, le directeur général de l’ARS Guyane. 

L’engagement régalien sur le territoire 

Emmanuel Macron devrait rappeler l’engagement de l’Etat depuis 2017 notamment concernant la sécurité en Guyane. Département qui compte 20,6 homicides pour 100 000 habitants en 2023, contre 1,5 en moyenne dans l’Hexagone, selon le bilan du service statistique du ministère de l'Intérieur (SSMSI) publié le mois dernier.

Le président de la République se rendra en forêt à Camopi dans le cadre d’une opération de lutte contre l’orpaillage illégal avec des habitants de la commune et des agents du Parc Amazonien lundi après-midi. 

Emmanuel Macron constatera le “100% contrôle” des passagers dans le cadre de la lutte contre le trafic de stupéfiants. Instauré en 2022 à l'issue des “Assises de la sécurité”, ce dispositif impose le contrôle systématique en Guyane des voyageurs à destination de l'Hexagone, afin d'empêcher les mules d'acheminer de la drogue. Selon le procureur de la République, il a permis de "diminuer fortement les saisies de stupéfiants", mais certains élus et collectifs citoyens contestent en justice une dérive arbitraire.

Spatial : réaffirmer la puissance spatiale Européenne avec Ariane 6 

Emmanuel Macron rendra mardi au Centre spatial guyanais (CSG) à Kourou. Le Bâtiment d’assemblage lanceur (BAL) et le pas de tir de la fusée Ariane 6 lui seront présentés. Un nouveau lanceur qui accuse un important retard pour un vol inaugural prévu en juillet 2024.

Une rencontre avec les entreprises sous-traitantes du CSG est inscrite au programme avant un détour au Port de Pariacabo sur le navire Canopée, premier cargo industriel hybride vélique et thermique chargé du transport des éléments d'Ariane 6.

Après une escale en Guyane… cap vers le Brésil 

Le programme n’a pas été précisé pour l’instant mais ce que l’on sait c’est qu’Emmanuel Macron se rendra au Brésil dès le mardi 26 à Belém et achèvera son déplacement sud-américain le 28 mars à Brasília avec le président brésilien Lula.

Le passage sur notre territoire permet de "marquer la Guyane dans son environnement”, assure l’Elysée en précisant que cinq élus locaux feront partie de la délégation.